À partir du 12 août 2026, le règlement PPWR devient applicable dans la majeure partie de ses articles, et l’emballage entre à part entière parmi les produits réglementés. Pour vous qui vous occupez d’emballage, et pas seulement, les questions à se poser changent : au moment de choisir un matériau, de dessiner un gabarit ou d’écrire « durable » sur une boîte.
Dans cet article, vous trouverez tout ce dont vous avez besoin pour savoir ce qui compte dès maintenant, ce qui arrive plus tard, et ce qu’il vaut mieux régler dès aujourd’hui.
Qu’est-ce que le PPWR (règlement (UE) 2025/40) et quand entre-t-il en vigueur
PPWR signifie Packaging and Packaging Waste Regulation : en français, le règlement (UE) 2025/40 relatif aux emballages et aux déchets d’emballages. Il est en vigueur depuis le 11 février 2025, et une grande partie de ses articles deviennent applicables à partir du 12 août 2026 — et c’est ce détail qui compte vraiment : c’est un règlement, pas une directive. Une directive est un cadre que chaque État interprète à sa façon, avec ses propres délais et nuances ; un règlement est une loi unique qui s’applique de façon identique partout, dès le même jour : à partir du 12 août 2026, la même règle s’applique, mot pour mot, dans les vingt-sept pays de l’UE.
Il remplace une directive vieille de plus de trente ans (la 94/62/CE) par un dispositif de 71 articles et treize annexes techniques. Et voici la précision la plus importante de tout cet article : le PPWR n’est pas encore une réglementation totalement définie. Certains articles sont déjà rédigés et contraignants dès le 12 août 2026 ; de nombreuses autres obligations — à commencer par les critères de recyclabilité et l’étiquetage — dépendent d’actes délégués et d’exécution que la Commission européenne doit encore publier. En pratique : certaines échéances peuvent déjà être notées dans votre agenda, d’autres restent un cadre encore en cours de définition, et il vaut mieux distinguer les unes des autres avant de se précipiter pour tout reconcevoir.
Le gros des obligations n’arrive pas d’un seul coup. À partir du 12 août 2026 entrent en application, entre autres, la documentation technique, la déclaration de conformité et des restrictions sur certaines substances. L’étiquette harmonisée sur les matériaux est attendue pour 2028. Le plafond de 50 % d’espace vide et les classes de recyclabilité — les deux mesures dont on parle le plus — n’arrivent, elles, qu’à partir de 2030. Et c’est là que se niche le malentendu le plus courant : certains reportent tout à 2030, alors que la documentation technique doit être préparée dès maintenant.
Règlement PPWR sur les emballages : ce qui change pour le carton
La réglementation PPWR ne traite pas tous les matériaux de la même manière, et le carton part avec une longueur d’avance. L’objectif de recyclage fixé pour 2030 est de 85 %, et en Italie, on est déjà durablement au-dessus de 90 %. L’obligation de contenu recyclé minimal, qui pèse lourdement sur le plastique, n’existe tout simplement pas pour le papier. Attention toutefois : être le matériau le plus simple à recycler ne signifie pas être automatiquement conforme. Ce qui compte, c’est la boîte spécifique que vous avez conçue, pas le carton en tant que catégorie.

Les classes de recyclabilité du PPWR : ce qui change à partir de 2030
À partir du 1er janvier 2030, chaque emballage sera classé selon sa recyclabilité : classe A à partir de 95 %, B à partir de 80 %, C à partir de 70 %. En dessous de 70 %, l’emballage est considéré comme non recyclable et ne pourra plus être mis sur le marché. À partir de 2038, seules les classes A et B subsisteront.
Il y a toutefois une précision décisive : les classes dépendront d’une méthodologie européenne et de critères de conception pour le recyclage (design for recycling) qui seront fixés par des actes délégués, attendus mais pas encore publiés. Ce qui est déjà clair, c’est la direction prise : privilégier le monomatériau et pénaliser ce qui est difficile à séparer. Une boîte en carton imprimé qui part directement dans la filière papier part avantagée ; la même boîte avec une fenêtre en film plastique ou un pelliculage sera un cas plus complexe à gérer.
La limite de l’espace vide dans les emballages pour l’e-commerce
À partir du 1er janvier 2030 entre également en vigueur le principe de réduction au minimum : poids et volume de l’emballage réduits au nécessaire pour protéger le contenu, pas un millimètre de plus. Fini les doubles fonds, les parois gonflées, les vides techniques qui ne servent qu’à faire paraître la boîte plus pleine.
Toujours à partir de 2030 (ou 3 ans après l’entrée en vigueur des actes d’exécution concernés, si celle-ci est postérieure), la limite devient un chiffre précis pour quiconque remplit des emballages multiples, de transport ou pour l’e-commerce : l’espace vide ne pourra pas dépasser 50 % du volume total. Un détail que peu remarquent : le matériau de calage compte comme de l’espace vide, pas comme du contenu. Si vous compensez un format trop grand avec du papier froissé, vous n’avez rien résolu — vous avez seulement déplacé le problème. Il n’existe qu’une seule façon de vraiment respecter la limite : faire correspondre la boîte au produit, et non l’inverse. Des formats sur mesure, moins de variantes, pour ne plus payer de poids volumétrique pour du vide.
Ce que signifie l’étiquetage harmonisé du PPWR
À partir du 12 août 2028, ou 24 mois après les actes d’exécution concernés s’ils arrivent plus tard, chaque emballage devra porter une étiquette européenne harmonisée sur les matériaux, avec des pictogrammes standard identiques dans toute l’Union : plus de symboles différents d’un pays à l’autre. Les étiquettes nationales sont amenées à disparaître. Le contenu exact de l’étiquette et les pictogrammes définitifs seront toutefois fixés par les actes d’exécution de la Commission, qui ne sont pas encore publiés à ce jour.
Pour celles et ceux qui conçoivent les graphismes, c’est moins une question de théorie que de millimètres : un espace supplémentaire à trouver sur un gabarit déjà chargé de logos, de mentions obligatoires et de codes. Mieux vaut le prévoir dès maintenant sur les nouveaux graphismes plutôt que de devoir tout refaire une seconde fois lorsque les pictogrammes définitifs et d’éventuels QR codes seront publiés.
PFAS et métaux lourds : ce qui ne pourra plus se trouver dans la boîte
Le PPWR (art. 5) introduit des limites quantitatives pour les PFAS dans les emballages destinés au contact alimentaire : 25 ppb par PFAS pris individuellement, 250 ppb pour la somme des PFAS, 50 ppm pour le fluor organique total si celui-ci est mesuré comme paramètre de dépistage. Les modalités harmonisées de vérification et de démonstration de la conformité sont toutefois encore en cours de définition par la Commission européenne. En attendant, les opérateurs se réfèrent aux meilleures méthodes analytiques disponibles, souvent fondées sur la détermination du fluor organique total (TOF/EOF) comme dépistage, complétée si nécessaire par des analyses ciblées sur chaque PFAS.
L’ancienne limite héritée de la directive précédente demeure également : plomb, cadmium, mercure et chrome hexavalent réunis ne peuvent pas dépasser 100 mg/kg.
Ce sujet concerne surtout celles et ceux qui utilisent du carton résistant aux graisses pour des aliments gras : pensez aux emballages pour fritures ou produits de boulangerie gras. Si c’est votre cas, la vérification des matériaux doit être organisée avec vos fournisseurs suffisamment à l’avance, en tenant compte du fait que le cadre méthodologique est encore en évolution. Le PPWR vient ici s’ajouter au règlement (CE) n° 1935/2004 relatif aux matériaux au contact des denrées alimentaires : l’un ne remplace pas l’autre, les deux s’appliquent ensemble.
Qu’est-ce que la déclaration de conformité PPWR
Parmi les nombreuses obligations du PPWR, celle-ci est celle sur laquelle il vaut mieux avancer en premier : avant sa mise sur le marché, chaque emballage doit être accompagné d’une documentation technique et d’une déclaration de conformité UE. L’annexe VII énumère les éléments que la documentation doit contenir, mais il n’existe pas de modèle unique valable pour tous : le contenu concret varie selon le type d’emballage, le matériau et l’évaluation de conformité applicable. Si vous disposiez déjà d’une documentation structurée sous l’ancienne directive, c’est un bon point de départ, mais elle doit tout de même être mise à jour : les critères du règlement sont différents.

Qui doit répondre du PPWR
Un préambule s’impose ici, car c’est le point qui prête le plus à confusion. Le PPWR distingue plusieurs figures — dont le fabricant de l’emballage, le producteur au titre de la responsabilité élargie du producteur (REP) et les autres opérateurs économiques — et attribue à chacune des obligations différentes. Elles ne coïncident pas toujours, et comprendre quel rôle vous occupez dans votre filière est la première étape pour savoir ce qui vous revient réellement.
En termes généraux : quiconque met un emballage sur le marché de l’UE a des responsabilités documentaires, mais la façon dont elles se répartissent entre celui qui fabrique l’emballage, celui qui le remplit et celui qui y appose sa marque dépend du cas concret — de la manière et par qui l’emballage est fabriqué, s’il est réalisé pour le compte d’un tiers, s’il est modifié, à qui appartient la marque qu’il porte. C’est pourquoi, si vous achetez un emballage personnalisé, il vaut la peine de clarifier avec votre fournisseur, et si besoin avec un consultant, qui assume quelles obligations : ce n’est pas un détail à considérer comme acquis, dans un sens ou dans l’autre.
Il y a ensuite l’enregistrement auprès des systèmes de responsabilité élargie du producteur (REP), qui reste une démarche nationale — en Italie, la référence est le CONAI, en France Citeo, en Allemagne les systèmes duaux — et qui doit être gérée pays par pays, dans chaque marché où vous vendez.
Un conseil pratique, valable dans tous les cas : cartographiez ce que vous utilisez réellement. Matériaux, grammages, composants non papier, éventuels traitements barrière. Cela demande plus de temps qu’il n’y paraît, et c’est l’étape que presque tout le monde sous-estime — en plus d’être la base sur laquelle se construit ensuite toute évaluation de conformité.
Par où commencer : cinq points concrets

1. Les composants non papier. Fenêtres en film, pelliculages, rubans, revêtements barrière : chacun doit être justifié ou supprimé. Une structure monomatériau en carton est la position la plus simple à défendre lorsque les classes de recyclabilité de 2030 entreront en vigueur.
2. Le rapport entre le format et le produit. Prenez les mesures sur le produit réel, pas sur le format déjà en stock. Un gabarit sur mesure résout le problème de l’espace vide à la racine, là où un format standard vous oblige à le combler avec autre chose.
3. Le nombre de formats dont vous avez vraiment besoin. Réduire la gamme simplifie la documentation, mais seulement si les mesures restent exactes. Le bon nombre de formats se calcule à partir du produit.
4. Le matériau, et votre capacité à le documenter. Grammage, type de fibre et composition sont des données qui serviront à documenter vos choix de conception. Si vous n’avez pas encore décidé quel carton utiliser, partez des différences entre les types de matériaux.
5. L’espace pour l’étiquetage à venir. Sur les nouveaux graphismes, laissez déjà la place pour les pictogrammes harmonisés et un éventuel QR code. Cela coûte moins cher de le prévoir maintenant que de tout refaire dans deux ans.
Jusqu’à quand pouvez-vous encore écrire « durable » sur la boîte
Les règles relatives aux allégations environnementales ne proviennent pas toutes du PPWR. Le règlement encadre certains aspects des emballages ; d’autres, en particulier la lutte contre le greenwashing dans la communication aux consommateurs, relèvent de la directive Empowering Consumers et de la future directive Green Claims. Cela vaut la peine de le garder à l’esprit : quand on parle de ce qu’il faut écrire sur la boîte, plusieurs normes entrent en jeu en même temps.
Pour la partie qui relève du PPWR, la logique est claire : une allégation environnementale sur l’emballage doit être précise (à quoi elle se rapporte : cette boîte, une partie de celle-ci, toute la gamme) et étayée par une documentation, et il est interdit d’utiliser des étiquettes ou des symboles susceptibles d’induire le consommateur en erreur sur la durabilité ou la recyclabilité, là où des règles harmonisées existent déjà.
En pratique : une affirmation générique et non démontrée est un risque, pas un avantage. En revanche, une affirmation précise et vérifiable tient la route — une certification reconnue, une structure monomatériau, un poids réduit par rapport à une version précédente — accompagnée des données qui l’étayent. Cela vaut aussi lorsque c’est vous qui achetez, pas seulement quand vous vendez : si un fournisseur vous propose un emballage « conforme au PPWR » sans autre précision, demandez par rapport à quoi, pour quelle boîte précise, avec quelle documentation. La conformité concerne un emballage précis et son usage, pas tout un catalogue.
Le bon moment pour revoir votre emballage
Si vous révisez un emballage en vue de ces échéances, le moment où les décisions coûtent le moins cher est celui de la conception. Avec le configurateur en ligne, vous pouvez comparer formats et matériaux et télécharger le gabarit avant de vous engager sur un tirage, ou échanger avec notre équipe si votre projet nécessite une évaluation dédiée.
Cet article a une finalité informative et ne constitue pas un conseil juridique. Le PPWR est une réglementation en partie encore en cours de définition, avec plusieurs obligations qui dépendent d’actes délégués et d’exécution non encore publiés : les informations présentées ici reflètent le cadre disponible à la date de mise à jour et sont susceptibles d’évoluer. Pour le texte intégral et à jour, reportez-vous au règlement (UE) 2025/40 sur EUR-Lex, aux lignes directrices de la Commission européenne et à la page dédiée du CONAI.



